Je n’ai plus que les os…

Poème par Pierre De Ronsard Recueil Derniers vers (Ronsard)Thématiques MortPériode 16e siècleAnalyse d’Arthur ↓

Je n’ai plus que les os, un squelette je semble,
Décharné, dénervé, démusclé, dépoulpé,
Que le trait de la mort sans pardon a frappé ;
Je n’ose voir mes bras que de peur je ne tremble.

Apollon et son fils, deux grands maîtres ensemble,
Ne me sauraient guérir, leur métier m’a trompé.
Adieu, plaisant soleil, mon œil est étoupé,
Mon corps s’en va descendre où tout se désassemble.

Quel ami me voyant en ce point dépouillé
Ne remporte au logis un œil triste et mouillé,
Me consolant au lit et me baisant la face,

En essuyant mes yeux par la mort endormis ?
Adieu, chers compagnons, adieu, mes chers amis,
Je m’en vais le premier vous préparer la place.

Pierre de Ronsard

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Texte publié sur Poésies 123 : https://www.poesies123.com/poeme-je-nay-plus-que-les-os-un-schelette-je-semble-pierre-de-ronsard/

Arthur

Décryptage

L’analyse d’Arthur

Les thèmes de la mort et de la fuite du temps sont récurrents dans l’oeuvre de Ronsard. Dans ce sonnet, il nous délivre dans une émouvante simplicité une évocation de l’imminence de son trépas.

Malgré son corps vieilli et usé par le temps et la maladie, conscient que nul remède ne pourra plus désormais le rétablir, Ronsard fait ses adieux au monde des vivants, au soleil et à ses amis avant qu’il ne s’endorme pour jamais.

Car c’est bien d’un sommeil dont il fait état, manifestant ainsi un esprit serein et stoïque face à la mort. Aucune trace de peur ne ressort de ses mots. Plus encore, la mort semble pour lui un nouveau commencement : quittant ses compagnons, il leur annonce aller “préparer la place” et les attendre au ciel. Si son corps s’éteint, son âme est immortelle.

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