Cauchemar

Poème par Paul Verlaine Recueil Poèmes saturniensThématiques RêvesPériode 19e siècleAnalyse d’Arthur ↓

Des ballades d’Allemagne
Qu’à travers ville et campagne,
Et du fleuve à la montagne,
Et des forêts au vallon,
Un étalon

Rouge-flamme et noir d’ébène,
Sans bride, ni mors, ni rêne,
Ni hop ! ni cravache, entraîne
Parmi des râlements sourds
Toujours ! toujours !

Un grand feutre à longue plume
Ombrait son oeil qui s’allume
Et s’éteint. Tel, dans la brume,
Éclate et meurt l’éclair bleu
D’une arme à feu.

Comme l’aile d’une orfraie
Qu’un subit orage effraie,
Par l’air que la neige raie,
Son manteau se soulevant
Claquait au vent,

Et montrait d’un air de gloire
Un torse d’ombre et d’ivoire,
Tandis que dans la nuit noire
Luisaient en des cris stridents
Trente-deux dents.

Paul Verlaine

Lire, garder, partager

Que veux-tu faire avec ce poème ?

Apprendre 4 activités
Envoyer par e-mail
14 vues

Gratuit · Sans compte · Impression et PDF immédiats

Droits et utilisations

Cauchemar, de Paul Verlaine, peut être une œuvre du domaine public ou un texte encore protégé selon son auteur et son édition. Sa présence sur le site ne vaut pas autorisation générale de reproduction.

La mise en page, l’atelier d’apprentissage et les fiches pédagogiques ont été créés par Poésies 123. Ils sont proposés pour un usage personnel ou pédagogique.

Texte publié sur Poésies 123 : https://www.poesies123.com/poeme-cauchemar-paul-verlaine/

Arthur

Décryptage

L’analyse d’Arthur

Poème de rêve et de cauchemar, “Cauchemar” de Paul Verlaine fait partie du recueil Poèmes saturniens. Dès l’ouverture, une vision hallucinée s’impose : “Des ballades d’Allemagne” sont entraînées par un cheval fantastique à travers villes, campagnes, fleuves, montagnes et forêts. Le rythme rapide et les répétitions créent une fuite éperdue, comme si le cavalier ne pouvait s’arrêter.

Le cheval, “Rouge-flamme et noir d’ébène”, sans bride ni mors, symbolise une force indomptable. L’anaphore “Toujours ! toujours !” scande cette course sans fin, tandis que les “râlements sourds” suggèrent une souffrance diffuse. L’animal devient l’incarnation d’une angoisse qui échappe à toute maîtrise.

Puis apparaît un cavalier énigmatique : un “grand feutre à longue plume” ombrage son œil qui “s’allume / Et s’éteint”, comparaison avec l’éclair bleu d’une arme à feu. Cette image guerrière et mortelle donne au personnage une aura à la fois glorieuse et inquiétante. La neige et la brume renforcent l’atmosphère irréelle.

Le manteau claque “au vent” comme l’aile d’une orfraie effrayée par l’orage ; il découvre un “torse d’ombre et d’ivoire”, contraste saisissant entre la nuit et la blancheur. Enfin, dans l’obscurité, “Luisaient en des cris stridents / Trente-deux dents” : la vision se fait menaçante, presque animale. Le sourire du cavalier devient une arme.

Ainsi, ce poème traduit l’irruption de l’inconscient : une chevauchée hallucinée où le rêve tourne au cauchemar. Verlaine, par le rythme et les images, fait de ce cavalier une figure de l’angoisse moderne, entre splendeur et terreur.

Analyse rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, selon la méthode d’analyse établie par Arthur.

Toutes les analyses d’Arthur →