Non autrement qu’on voit la pluvieuse nue

Poème par Joachim Du Bellay Recueil Les Antiquités de RomePériode 16e siècle

Non autrement qu’on voit la pluvieuse nue
Des vapeurs de la terre en l’air se soulever,
Puis se courbant en arc, afin de s’abreuver,
Se plonger dans le sein de Téthys la chenue,

Et montant derechef d’où elle était venue,
Sous un grand ventre obscur tout le monde couver,
Tant que finablement on la voit se crever,
Or en pluie, or en neige, or en grêle menue :

Cette ville qui fut l’ouvrage d’un pasteur,
S’élevant peu à peu, crut en telle hauteur
Que reine elle se vit de la terre et de l’onde :

Tant que ne pouvant plus si grand faix soutenir,
Son pouvoir dissipé s’écarta par le monde,
Montrant que tout en rien doit un jour devenir.

Joachim Du Bellay

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Texte publié sur Poésies 123 : https://www.poesies123.com/poeme-non-autrement-quon-voit-la-pluvieuse-nue-joachim-du-bellay/