Te regardant assise auprès de ta cousine

Poème par Pierre De Ronsard Recueil Sonnets pour HélèneThématiques AmourPériode 16e siècle

Te regardant assise auprès de ta cousine,
Belle comme une Aurore, et toi comme un Soleil,
Je pensai voir deux fleurs d’un même teint pareil,
Croissantes en beauté, l’une à l’autre voisine.

La chaste, sainte, belle et unique Angevine,
Vite comme un éclair sur moi jeta son oeil.
Toi, comme paresseuse et pleine de sommeil,
D’un seul petit regard tu ne m’estimas digne.

Tu t’entretenais seule au visage abaissé,
Pensive toute à toi, n’aimant rien que toi-même,
Dédaignant un chacun d’un sourcil ramassé.

Comme une qui ne veut qu’on la cherche ou qu’on l’aime.
J’eus peur de ton silence et m’en ahai tout blërne,
Craignant que mon salut n’eût ton oeil offensé.

Pierre de Ronsard

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