Qui a vu quelquefois un grand chêne asséché

Poème par Joachim Du Bellay Recueil Les Antiquités de RomePériode 16e siècle

Qui a vu quelquefois un grand chêne asséché,
Qui pour son ornement quelque trophée porte,
Lever encore au ciel sa vieille tête morte,
Dont le pied fermement n’est en terre fiché,

Mais qui dessus le champ plus qu’à demi penché
Montre ses bras tout nus et sa racine torte,
Et sans feuille ombrageux, de son poids se supporte
Sur un tronc nouailleux en cent lieux ébranché :

Et bien qu’au premier vent il doive sa ruine,
Et maint jeune à l’entour ait ferme la racine,
Du dévot populaire être seul révéré :

Qui ta chêne a pu voir, qu’il imagine encore
Comme entre les cités, qui plus florissent ore,
Ce vieil honneur poudreux est le plus honoré.

Joachim Du Bellay

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Texte publié sur Poésies 123 : https://www.poesies123.com/poeme-qui-a-vu-quelquefois-un-grand-chene-asseche-joachim-du-bellay/