Le chant des amis

Poème par Alfred De Musset Période 19e siècle

De ta source pure et limpide
Réveille-toi, fleuve argenté ;
Porte trois mots, coursier rapide :
Amour, patrie et liberté !

Quelle voile, au vent déployée,
Trace dans l’onde un vert sillon ?
Qui t’a jusqu’à nous envoyée ?
Quel est ton nom, ton pavillon ?

— J’ai porté la céleste flamme
En tous lieux où Dieu l’a permis.
Mon pavillon, c’est l’oriflamme ;
Mon nom, c’est celui des amis.

Fils des Saxons, fils de la France,
Vous souvient-il du sang versé ?
Près du soleil de l’Espérance
Voyez-vous l’ombre du passé ? —

Le Rhin n’est plus une frontière ;
Amis, c’est notre grand chemin,
Et, maintenant, l’Europe entière
Sur les deux bords se tend la main.

De ta source pure et limpide
Retrempe-toi, fleuve argenté ;
Redis toujours, coursier rapide !
Amour, patrie et liberté.

Alfred De Musset

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Texte publié sur Poésies 123 : https://www.poesies123.com/poeme-le-chant-des-amis-alfred-de-musset/