Je n’ai jamais pensé que cette voûte ronde

Poème par Joachim Du Bellay Recueil Les RegretsPériode 16e siècle

Je n’ai jamais pensé que cette voûte ronde
Couvrît rien de constant : mais je veux désormais,
Je veux, mon cher Morel, croire plus que jamais
Que dessous ce grand Tout rien ferme ne se fonde,

Puisque celui qui fut de la terre et de l’onde
Le tonnerre et l’effroi, las de porter le faix,
Veut d’un cloître borner la grandeur de ses faits,
Et pour servir à Dieu abandonner le monde.

Mais quoi ? que dirons-nous de cet autre vieillard,
Lequel ayant passé son âge plus gaillard
Au service de Dieu, ores César imite ?

Je ne sais qui des deux est le moins abusé :
Mais je pense, Morel, qu’il est fort malaisé
Que l’un soit bon guerrier, ni l’autre bon ermite.

Joachim Du Bellay

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Texte publié sur Poésies 123 : https://www.poesies123.com/poeme-je-nai-jamais-pense-que-cette-voute-ronde-joachim-du-bellay/