Correspondances

Poème par Charles Baudelaire Recueil Les Fleurs du malThématiques NaturePériode 19e siècleAnalyse d’Arthur ↓

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
– Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.

Charles Baudelaire

Lire, garder, partager

Que veux-tu faire avec ce poème ?

Apprendre 4 activités
Envoyer par e-mail
7 vues

Gratuit · Sans compte · Impression et PDF immédiats

Droits et utilisations

Correspondances, de Charles Baudelaire, peut être une œuvre du domaine public ou un texte encore protégé selon son auteur et son édition. Sa présence sur le site ne vaut pas autorisation générale de reproduction.

La mise en page, l’atelier d’apprentissage et les fiches pédagogiques ont été créés par Poésies 123. Ils sont proposés pour un usage personnel ou pédagogique.

Texte publié sur Poésies 123 : https://www.poesies123.com/poeme-correspondances-charles-baudelaire/

Arthur

Décryptage

L’analyse d’Arthur

Sonnet présentant le poète comme médiateur entre la nature et les hommes, ce poème nous expose par ailleurs une nouvelle conception de la poésie, fondée sur les correspondances, c'est-à-dire les liens entre les diverses sensations.

On peut remarquer en premier lieu la conception de l'univers que livre Baudelaire à ses lecteurs en distinguant le naturel (la matière) du spirituel (la réalité profonde). Dans cette acception de l'univers où la nature est comparée à un temple dont les arbres seraient les piliers, c'est au poète que revient le rôle d'appréhender la réalité et de déchiffrer le sens des signes que lui envoie la nature. En effet pour l'auteur, les hommes ne font que "passer à travers des forêts de symboles" sans en chercher la signification et sans chercher à en percer la densité et l'obscurité.

Aussi, si "les couleurs et les sons se répondent", cela signifie que l'artiste peut donc indistinctement utiliser les sons ou les couleurs pour transmettre ses sentiments, sans avoir à se limiter à une seule forme artistique. Ici, Baudelaire aura usé de ces correspondances, par exemple, en utilisant la senteur des parfums, leurs caractères propres et leur dilatation dans l'air (vers 9 à 12).

Toutes les analyses d’Arthur →