Age d’or

Poème par Arthur Rimbaud Recueil Derniers versThématiques DiversPériode 19e siècleAnalyse d’Arthur ↓

Quelqu’une des voix
Toujours angélique
– Il s’agit de moi, –
Vertement s’explique :

Ces mille questions
Qui se ramifient
N’amènent, au fond,
Qu’ivresse et folie ;

Reconnais ce tour
Si gai, si facile :
Ce n’est qu’onde, flore,
Et c’est ta famille !

Puis elle chante. Ô
Si gai, si facile,
Et visible à l’oeil nu…
– Je chante avec elle, –

Reconnais ce tour
Si gai, si facile,
Ce n’est qu’onde, flore,
Et c’est ta famille !… etc…

Et puis une voix
– Est-elle angélique ! –
Il s’agit de moi,
Vertement s’explique ;

Et chante à l’instant
En soeur des haleines :
D’un ton Allemand,
Mais ardente et pleine :

Le monde est vicieux ;
Si cela t’étonne !
Vis et laisse au feu
L’obscure infortune.

Ô ! joli château !
Que ta vie est claire !
De quel Age es-tu,
Nature princière
De notre grand frère ! etc…

Je chante aussi, moi :
Multiples soeurs ! voix
Pas du tout publiques !
Environnez-moi
De gloire pudique… etc…

Arthur Rimbaud

Lire, garder, partager

Que veux-tu faire avec ce poème ?

Apprendre 4 activités
Envoyer par e-mail
3 vues

Gratuit · Sans compte · Impression et PDF immédiats

Droits et utilisations

Age d’or, de Arthur Rimbaud, peut être une œuvre du domaine public ou un texte encore protégé selon son auteur et son édition. Sa présence sur le site ne vaut pas autorisation générale de reproduction.

La mise en page, l’atelier d’apprentissage et les fiches pédagogiques ont été créés par Poésies 123. Ils sont proposés pour un usage personnel ou pédagogique.

Texte publié sur Poésies 123 : https://www.poesies123.com/poeme-age-dor-arthur-rimbaud/

Arthur

Décryptage

L’analyse d’Arthur

Poème tardif de Rimbaud, « Age d’or » se présente comme une chanson en strophes courtes, aux rimes majoritairement féminines et à la musicalité insistante. Une voix angélique s’y adresse au poète, mais « il s’agit de moi », précise-t-elle, créant d’emblée un jeu de miroir entre l’énonciation et l’identité.

Les questions multiples, qui « se ramifient », sont ramenées à « ivresse et folie » : la quête intellectuelle se dissout dans l’excès. Le refrain « Reconnais ce tour / Si gai, si facile » revient comme une formule incantatoire, associant le poème à une célébration simple des éléments — « onde, flore » — et de la famille. La répétition du refrain, avec ses variantes, mime un rituel joyeux, presque enfantin.

La voix chante ensuite, « visible à l’œil nu », et le poète s’y joint : « Je chante avec elle ». Puis une autre voix, « en sœur des haleines », s’exprime « d’un ton Allemand », mais ardente : elle proclame que « le monde est vicieux » et invite à « vivre et laisser au feu / L’obscure infortune ». Cette sagesse pratique et sensuelle s’oppose à la recherche métaphysique stérile.

L’évocation du « joli château » et de la « nature princière » ouvre une vision édénique, un âge d’or personnel. Enfin, le poète chante à son tour, entouré de « multiples sœurs ! voix / Pas du tout publiques ! », réclamant une « gloire pudique ». L’ironie affleure : la voix angélique se révèle multiple, intime, et la poésie se fait célébration d’un monde retrouvé par le chant.

Ainsi, « Age d’or » célèbre moins un passé perdu qu’une disponibilité au présent : la voix poétique, en se dépouillant du sérieux des « mille questions », accède à une légèreté fondamentale, où le chant partagé et la simplicité des éléments tiennent lieu de vérité.

Analyse rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, selon la méthode d’analyse établie par Arthur.

Toutes les analyses d’Arthur →