Fragment

Poème par Alfred De Musset Recueil Premières poésiesPériode 19e siècle

Quand je t’aimais, pour toi j’aurais donné ma vie,
Mais c’est toi, de t’aimer, toi qui m’ôtas l’envie.
À tes pièges d’un jour on ne me prendra plus ;
Tes ris sont maintenant et tes pleurs superflus.
Ainsi, lorsqu’à l’enfant la vieille salle obscure
Fait peur, il va tout nu décrocher quelque armure ;
Il s’enferme, il revient tout palpitant d’effroi
Dans sa chambre bien chaude et dans son lit bien froid.
Et puis, lorsqu’au matin le jour vient à paraître,
Il trouve son fantôme aux plis de sa fenêtre,
Voit son arme inutile, il rit et, triomphant,
S’écrie : « Oh ! que j’ai peur ! oh ! que je suis enfant ! »

Alfred De Musset

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Texte publié sur Poésies 123 : https://www.poesies123.com/poeme-fragment-alfred-de-musset/