Ores, plus que jamais, me plaît d’aimer la Muse

Poème par Joachim Du Bellay Recueil Les RegretsPériode 16e siècle

Ores, plus que jamais, me plaît d’aimer la Muse
Soit qu’en français j’écrive ou langage romain,
Puisque le jugement d’un prince tant humain
De si grande faveur envers les lettres usé.

Donc le sacré métier où ton esprit s’amuse
Ne sera désormais un exercice vain,
Et le tardif labeur que nous promet ta main
Désormais pour Francus n’aura plus nulle excuse.

Cependant, mon Ronsard, pour tromper mes ennuis,
Et non pour m’enrichir, je suivrai, si je puis,
Les plus humbles chansons de ta Muse lassée.

Ainsi chacun n’a pas mérité que d’un roi
La libéralité lui fasse, comme à toi,
Ou son archet doré, ou sa lyre crossée.

Joachim Du Bellay

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Texte publié sur Poésies 123 : https://www.poesies123.com/poeme-ores-plus-que-jamais-me-plait-daimer-la-muse-joachim-du-bellay/