Le buffet

Poème par Arthur Rimbaud Recueil PoésiesThématiques TempsPériode 19e siècleAnalyse d’Arthur ↓

C’est un large buffet sculpté ; le chêne sombre,
Très vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens ;
Le buffet est ouvert, et verse dans son ombre
Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants ;

Tout plein, c’est un fouillis de vieilles vieilleries,
De linges odorants et jaunes, de chiffons
De femmes ou d’enfants, de dentelles flétries,
De fichus de grand’mère où sont peints des griffons ;

– C’est là qu’on trouverait les médaillons, les mèches
De cheveux blancs ou blonds, les portraits, les fleurs sèches
Dont le parfum se mêle à des parfums de fruits.

– Ô buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires,
Et tu voudrais conter tes contes, et tu bruis
Quand s’ouvrent lentement tes grandes portes noires.

Arthur Rimbaud

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Droits et utilisations

Le buffet, de Arthur Rimbaud, peut être une œuvre du domaine public ou un texte encore protégé selon son auteur et son édition. Sa présence sur le site ne vaut pas autorisation générale de reproduction.

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Texte publié sur Poésies 123 : https://www.poesies123.com/poeme-le-buffet-arthur-rimbaud/

Arthur

Décryptage

L’analyse d’Arthur

Poème de jeunesse de Rimbaud, “Le buffet” se présente comme un sonnet en alexandrins aux rimes riches et à la chute murmurée. Dès l’ouverture, l’objet devient un être : “le chêne sombre, / Très vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens”. La personnification est immédiate, et le buffet respire la bonté des ancêtres.

Le deuxième quatrain déploie un inventaire hétéroclite : “un fouillis de vieilles vieilleries”, linges jaunis, dentelles fanées, fichus ornés de griffons. La répétition de “vieilles” n’est pas un défaut mais un écho : le temps a déposé là ses couches, et l’accumulation crée une atmosphère de tendre désuétude.

Les tercets se font plus précieux : médaillons, mèches de cheveux, portraits, fleurs sèches. Les parfums se mêlent, “à des parfums de fruits”. Ce ne sont pas de simples objets, mais des reliques intimes. Le buffet renferme une mémoire familiale presque sacrée, et le poète la caresse du regard.

La dernière strophe transforme l’objet en conteur : “tu sais bien des histoires”, et le meuble bruisse quand ses “grandes portes noires” s’ouvrent lentement. L’analogie est explicite : le buffet est un livre ou un grenier d’histoires, et son ouverture est une invitation à écouter le passé. Le son du bois qui craque devient parole.

Ainsi, sous l’apparente banalité d’un meuble ancien, Rimbaud célèbre la poésie des humbles archives. Le poème est un tombeau domestique, où la mémoire se fait parfum, tissu et murmure. Le lecteur, comme l’enfant, est convié à prêter l’oreille à ce que le vieux chêne voudrait conter.

Analyse rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, selon la méthode d’analyse établie par Arthur.

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