Scève, je me trouvai comme le fils dAnchise

Poème par Joachim Du Bellay Recueil Les RegretsPériode 16e siècle

Scève, je me trouvai comme le fils d’Anchise
Entrant dans l’Élysée et sortant des enfers,
Quand après tant de monts de neige tous couverts
Je vis ce beau Lyon, Lyon que tant je prise.

Son étroite longueur, que la Saône divise,
Nourrit mille artisans et peuples tous divers :
Et n’en déplaise à Londre, à Venise et Anvers,
Car Lyon n’est pas moindre en fait de marchandise.

Je m’étonnai d’y avoir passer tant de courriers,
D’y voir tant de banquiers, d’imprimeurs, d’armuriers,
Plus dru que l’on ne voit les fleurs par les prairies.

Mais je m’étonnai plus de la force des ponts
Dessus lesquels on passe, allant delà les monts,
Tant de belles maisons et tant de métairies.

Joachim Du Bellay

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Texte publié sur Poésies 123 : https://www.poesies123.com/poeme-sceve-je-me-trouvai-comme-le-fils-danchise-joachim-du-bellay/