Doulcin, quand quelquefois je vois ces pauvres filles

Poème par Joachim Du Bellay Recueil Les RegretsPériode 16e siècle

Doulcin, quand quelquefois je vois ces pauvres filles
Qui ont le diable au corps, ou le semblent avoir,
D’une horrible façon corps et tête mouvoir,
Et faire ce qu’on dit de ces vieilles Sibylles :

Quand je vois les plus forts se retrouver débiles,
Voulant forcer en vain leur forcené pouvoir :
Et quand même j’y vois perdre tout leur savoir
Ceux qui sont en votre art tenus des plus habiles :

Quand effroyablement écrier je les oy,
Et quand le blanc des yeux renverser je leur voy,
Tout le poil me hérisse, et ne sais plus que dire.

Mais quand je vois un moine avecques son latin
Leur tâter haut et bas le ventre et le tétin,
Cette frayeur se passe, et suis contraint de rire.

Joachim Du Bellay

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Texte publié sur Poésies 123 : https://www.poesies123.com/poeme-doulcin-quand-quelquefois-je-vois-ces-pauvres-filles-joachim-du-bellay/