Le loup criait

Poème par Arthur Rimbaud Recueil Derniers versPériode 19e siècleAnalyse d’Arthur ↓

Le loup criait sous les feuilles
En crachant les belles plumes
De son repas de volailles :
Comme lui je me consume.

Les salades, les fruits
N’attendent que la cueillette ;
Mais l’araignée de la haie
Ne mange que des violettes.

Que je dorme ! que je bouille
Aux autels de Salomon.
Le bouillon court sur la rouille,
Et se mêle au Cédron.

Arthur Rimbaud

Lire, garder, partager

Que veux-tu faire avec ce poème ?

Apprendre 4 activités
Envoyer par e-mail
2 vues

Gratuit · Sans compte · Impression et PDF immédiats

Droits et utilisations

Le loup criait, de Arthur Rimbaud, peut être une œuvre du domaine public ou un texte encore protégé selon son auteur et son édition. Sa présence sur le site ne vaut pas autorisation générale de reproduction.

La mise en page, l’atelier d’apprentissage et les fiches pédagogiques ont été créés par Poésies 123. Ils sont proposés pour un usage personnel ou pédagogique.

Texte publié sur Poésies 123 : https://www.poesies123.com/poeme-le-loup-criait-arthur-rimbaud/

Arthur

Décryptage

L’analyse d’Arthur

Poème bref et énigmatique, « Le loup criait » se présente comme une confidence à peine voilée. Composé de trois quatrains aux rimes croisées, il mêle l’animal et le je dans un mouvement qui va de la prédation à l’abandon. Dès l’ouverture, le loup “criait sous les feuilles” et “crachant les belles plumes” de sa proie : image d’une violence naturelle, mais aussi d’un remords ou d’un dégoût. La comparaison “Comme lui je me consume” introduit le je lyrique, qui s’identifie à la bête.

Le deuxième quatrains oppose la douceur des “salades, les fruits” qui “n’attendent que la cueillette” à l’araignée “de la haie” qui “ne mange que des violettes”. Contraste entre une nourriture offerte et une autre plus rare, presque précieuse : l’araignée, prédatrice minuscule, se nourrit de fleurs, tandis que le loup, lui, se repaît de volailles. Le poète semble hésiter entre ces deux régimes, entre la faim brutale et une dévoration plus fine, plus esthétique.

Le dernier quatrains rompt avec le règne animal pour invoquer “les autels de Salomon”. Le souhait “Que je dorme ! que je bouille” mêle le repos et l’ébullition, comme si le je voulait à la fois s’abandonner et se consumer. “Le bouillon court sur la rouille” et “se mêle au Cédron” : l’image associe la cuisine, la corrosion et le fleuve biblique. Le Cédron, torrent de Jérusalem, charrie une eau trouble, lieu de purification ou de désespoir.

Ainsi, le poème dessine une tension entre la voracité et la dissolution. Le loup, l’araignée, le je : trois figures d’une même faim, mais aussi d’une même impuissance. Ce qui se consume, ce n’est pas seulement la chair, c’est le désir lui-même. La forme brève, les rimes croisées, l’absence de refrain, tout concourt à une sorte de halètement contenu, comme une plainte qui ne trouve pas d’apaisement.

Analyse rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, selon la méthode d’analyse établie par Arthur.

Toutes les analyses d’Arthur →