C’est bien ; puisqu’au sénat, puisqu’à la pourriture

Poème par Victor Hugo Thématiques PolitiquePériode 19e siècle

C’est bien ; puisqu’au sénat, puisqu’à la pourriture,
Tu poses, calme, altier, fier, ta candidature,
Puisque tu tends la main à l’argent de César,
Puisque ta conscience est cotée au bazar,
Puisque tu prends ton rang dans la honte infinie,
Ne te gêne pas, jette au peuple l’ironie.
Être le serviteur de l’ennemi public,
Avoir les torsions souples du basilic,
Vendre aux dévots hautains des bassesses athées,
Disperser dans les vents des choses effrontées,
Offrir ta rhétorique abjecte à tout venant,
Collaborer dans l’ombre au crime rayonnant,
Baver, salir, avoir l’affront pour camarade,
Être un sauteur de plus dans cette mascarade,
C’est ce que maintenant tu peux faire de mieux.
Ainsi, quand la passante aux bras blancs, aux doux yeux,
Qui fut femme d’honneur, se fait fille de joie,
Quand elle est devenue un fumier, une proie,
Un sein qui la nuit s’offre à qui veut l’acheter,
Elle n’a plus qu’à rire, à danser, à chanter,
Et qu’à se divertir jusqu’à ce qu’elle tombe
Charogne à l’hôpital et spectre dans la tombe.

Le 30 mai 1875.

Victor Hugo

Lire, garder, partager

Que veux-tu faire avec ce poème ?

Apprendre 4 activités
Envoyer par e-mail
0 vues

Gratuit · Sans compte · Impression et PDF immédiats

Droits et utilisations

C’est bien ; puisqu’au sénat, puisqu’à la pourriture, de Victor Hugo, peut être une œuvre du domaine public ou un texte encore protégé selon son auteur et son édition. Sa présence sur le site ne vaut pas autorisation générale de reproduction.

La mise en page, l’atelier d’apprentissage et les fiches pédagogiques ont été créés par Poésies 123. Ils sont proposés pour un usage personnel ou pédagogique.

Texte publié sur Poésies 123 : https://www.poesies123.com/poeme-cest-bien-puisquau-senat-puisqua-la-pourriture-victor-hugo/