Silence

Poème par Sully PrudhommeRecueil Les vaines tendressesPériode 19e siècle

La pudeur n’a pas de clémence,
Nul aveu ne reste impuni,
Et c’est par le premier nenni
Que l’ère des douleurs commence.

De ta bouche où ton coeur s’élance
Que l’aveu reste donc banni !
Le coeur peut offrir l’infini
Dans la profondeur du silence.

Baise sa main sans la presser
Comme un lis facile à blesser,
Qui tremble à la moindre secousse ;

Et l’aimant sans nommer l’amour,
Tais-lui que sa présence est douce,
La tienne sera douce un jour.

Prudhomme Sully

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Texte publié sur Poésies 123 : https://www.poesies123.com/poeme-silence-sully-prudhomme/