L’abeille

Poème par Paul Valéry Recueil CharmesPériode 20e siècle

A Francis De Miomandre.

Quelle, et si fine, et si mortelle,
Que soit ta pointe, blonde abeille,
Je n’ai, sur ma tendre corbeille,
Jeté qu’un songe de dentelle.

Pique du sein la gourde belle,
Sur qui l’Amour meurt ou sommeille,
Qu’un peu de moi-même vermeille,
Vienne à la chair ronde et rebelle!

J’ai grand besoin d’un prompt tourment:
Un mal vif et bien terminé
Vaut mieux qu’un supplice dormant!

Soit donc mon sens illuminé
Par cette infime alerte d’or
Sans qui l’Amour meurt ou s’endort!

Paul Valéry

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Texte publié sur Poésies 123 : https://www.poesies123.com/poeme-labeille-paul-valery/