L’homme et la mer

Poème par Charles Baudelaire Recueil Les Fleurs du malThématiques MerPériode 19e siècleAnalyse d’Arthur ↓

Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes ;
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !

Charles Baudelaire

Lire, garder, partager

Que veux-tu faire avec ce poème ?

Apprendre 4 activités
Envoyer par e-mail
13 vues

Gratuit · Sans compte · Impression et PDF immédiats

Droits et utilisations

L’homme et la mer, de Charles Baudelaire, peut être une œuvre du domaine public ou un texte encore protégé selon son auteur et son édition. Sa présence sur le site ne vaut pas autorisation générale de reproduction.

La mise en page, l’atelier d’apprentissage et les fiches pédagogiques ont été créés par Poésies 123. Ils sont proposés pour un usage personnel ou pédagogique.

Texte publié sur Poésies 123 : https://www.poesies123.com/poeme-l-homme-et-la-mer-charles-baudelaire/

Arthur

Décryptage

L’analyse d’Arthur

Partant d’une analogie entre l’homme et la mer, Baudelaire livre dans cet ouvrage une véritable réflexion sur les rouages de la pensée humaine et l’énigme qu’elle représente.

S’adressant à l’homme libre - s’agit de l’homme libre de ses actions ou bien de l’homme capable de penser par lui-même ? - l’auteur établit dès le second vers la comparaison qui guidera la lecture de ce poème. En effet, contemplant son reflet comme dans un miroir, l’homme libre contemple aussi et surtout son âme, sa conscience en regardant la mer.

Comme le ressac des vagues ne s’arrête jamais, jamais l’homme ne cesse de penser ; comme les profondeurs de la pensée des hommes, il est impossible de découvrir ce que recèle les abysses de l’océan.

Et ce combat sans pitié ni remord, voici des siècles qu’il dure, nous confie l’auteur ! Mais de quel combat parle-t-il ? Du combat entre l’homme et la mer ? Entre les hommes eux-mêmes ?Plus probablement s’agit-il du combat entre l’homme et lui-même.

Ainsi, ce dont nous parle Baudelaire, serait de la difficulté pour les hommes à se comprendre eux-mêmes, et ce, malgré tous ces siècles de philosophie qu’ils ont déjà laissé.

Toutes les analyses d’Arthur →