De la jeune dame qui a vieil mari

Poème par Clément Marot Recueil L'Adolescence clémentinePériode 16e siècle

En languissant et en griève tristesse
Vit mon las coeur, jadis plein de liesse,
Puisque l’on m’a donné mari vieillard.
Hélas, pourquoi ? Rien ne sait du vieil art
Qu’apprend Vénus, l’amoureuse déesse.

Par un désir de montrer ma prouesse
Souvent l’assaus : mais il demande : «  » où est-ce ? «  »,
ou dort (peut-être), et mon coeur veille à part
En languissant.

Puis quand je veux lui jouer de finesse,
Honte me dit : «  » Cesse, ma fille, cesse,
Garde-t’en bien, à honneur prends égard. «  »
Lors je réponds : «  » Honte, allez à l’écart :
Je ne veux pas perdre ainsi ma jeunesse
En languissant. «  »

Clément Marot

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Texte publié sur Poésies 123 : https://www.poesies123.com/poeme-de-la-jeune-dame-qui-a-vieil-mari-clement-marot/