De celui qui ne pense qu’en s’amie

Poème par Clément Marot Recueil L'Adolescence clémentinePériode 16e siècle

Toutes les nuits je ne pense qu’en celle
Qui a le corps plus gent qu’une pucelle
De quatorze ans, sur le point d’enrager,
Et au dedans un coeur (pour abréger)
Autant joyeux qu’eut oncque damoiselle.

Elle a beau teint, un parler de bon zèle,
Et le tétin rond comme une groselle :
N’ai-je donc pas bien cause de songer
Toutes les nuits ?

Touchant son coeur, je l’ai en ma cordelle,
Et son mari n’a sinon le corps d’elle :
Mais toutefois, quand il voudra changer,
Prenne le coeur : et pour le soulager
J’aurai pour moi le gent corps de la belle
Toutes les nuits.

Clément Marot

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Texte publié sur Poésies 123 : https://www.poesies123.com/poeme-de-celui-qui-ne-pense-quen-samie-clement-marot/