Sieste

Poème par Théodore De Banville Recueil Les CariatidesPériode 19e siècle

La sombre forêt, où la roche
Est pleine d’éblouissements
Et qui tressaille à mon approche,
Murmure avec des bruits charmants.

Les fauvettes font leur prière ;
La terre noire après ses deuils
Refleurit, et dans la clairière
Je vois passer les doux chevreuils.

Voici la caverne des Fées
D’où fuyant vers le bleu des cieux,
Montent des chansons étouffées
Sous les rosiers délicieux.

Je veux dormir là toute une heure
Et goûter un calme sommeil,
Bercé par le ruisseau qui pleure
Et caressé par l’air vermeil.

Et tandis que dans ma pensée
Je verrai, ne songeant à rien,
Une riche étoffe tissée
Par quelque Rêve aérien,

Peut-être que sous la ramure
Une blanche Fée en plein jour
Viendra baiser ma chevelure
Et ma bouche folle d’amour.

Théodore de Banville

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Texte publié sur Poésies 123 : https://www.poesies123.com/poeme-sieste-theodore-de-banville/