Le val

Poème par Alphonse Beauregard Recueil Les alternancesPériode 20e siècle

Je connais, dans les Apalaches,
Un val séduisant qui se cache
Comme un rêve ingénu ;
Un val aux pentes fantaisistes
Où se promène, dans les schistes,
Un ruisseau bienvenu.

Quand, brusquement, on le découvre
C’est un avenir clair qui s’ouvre,
Un sourire enjôleur
À quoi l’âme n’était pas prête,
On subit le charme, on s’arrête
À l’offre de bonheur.

Ici qu’il serait doux de vivre !
On s’imagine avec un livre,
Assis sous un pommier.
On a maison, femme et bagage…
Mais on pense au but du voyage,
Aux tracas coutumiers.

Les yeux ravis on part, on gagne
Le grand chemin ou la montagne ;
Au val on dit adieu,
Plein du pressentiment morose
D’abandonner, parce qu’on n’ose,
Un destin radieux.

Alphonse Beauregard

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Texte publié sur Poésies 123 : https://www.poesies123.com/poeme-le-val-alphonse-beauregard/