Belle leçon aux enfants perdus

Poème par François Villon Recueil Le TestamentPériode 15e siècle

«  » Beaux enfants, vous perdrez la plus
Belle rose de vo chapeau ;
Mes clercs près prenant comme glus,
Se vous allez à Montpipeau
Ou à Ruel, gardez la peau :
Car, pour s’ébattre en ces deux lieux,
Cuidant que vausît le rappeau,
Le perdit Colin de Cayeux.

«  » Ce n’est pas un jeu de trois mailles,
Où va corps, et peut-être l’âme.
Qui perd, rien n’y sont repentailles
Qu’on n’en meure à honte et diffame ;
Et qui gagne n’a pas à femme
Dido, la reine de Carthage.
L’homme est donc bien fol et infâme
Qui, pour si peu, couche tel gage.

«  » Qu’un chacun encore m’écoute !
On dit, et il est vérité,
Que charterie se boit toute,
Au feu l’hiver, au bois l’été.
S’argent avez, il n’est enté,
Mais le dépendez tôt et vite.
Qui en voyez-vous hérité ?
Jamais mal acquît ne profite.

François Villon

Lire, garder, partager

Que veux-tu faire avec ce poème ?

Apprendre 4 activités
Envoyer par e-mail
2 vues

Gratuit · Sans compte · Impression et PDF immédiats

Droits et utilisations

Belle leçon aux enfants perdus, de François Villon, peut être une œuvre du domaine public ou un texte encore protégé selon son auteur et son édition. Sa présence sur le site ne vaut pas autorisation générale de reproduction.

La mise en page, l’atelier d’apprentissage et les fiches pédagogiques ont été créés par Poésies 123. Ils sont proposés pour un usage personnel ou pédagogique.

Texte publié sur Poésies 123 : https://www.poesies123.com/poeme-belle-lecon-aux-enfants-perdus-francois-villon/