Ballade de la belle Heaumière aux filles de joie

Poème par François Villon Recueil Le TestamentPériode 15e siècle

«  » Or y pensez, belle Gautière
Qui écolière souliez être,
Et vous, Blanche la Savetière,
Or est-il temps de vous connaître :
Prenez à dêtre ou à senêtre ;
N’épargnez homme, je vous prie ;
Car vieilles n’ont ne cours ne être,
Ne que monnoie qu’on décrie.

«  » Et vous, la gente Saucissière
Qui de danser êtes adêtre,
Guillemette la Tapissière,
Ne méprenez vers votre maître :
Tôt vous faudra clore fenêtre,
Quand deviendrez vieille, flétrie :
Plus ne servirez qu’un vieil prêtre,
Ne que monnoie qu’on décrie.

Jeanneton la Chaperonnière,
Gardez qu’ami ne vous empêtre ;
Et Catherine la Boursière,
N’envoyez pas les hommes paître ;
Car qui belle n’est, ne perpètre
Leur male grâce, mais leur rie,
Laide vieillesse amour n’empètre
Ne que monnoie qu’on décrie.

Filles, veuillez vous entremettre
D’écouter pourquoi pleure et crie :
Pour ce que je ne me puis mettre
Ne que monnoie qu’on décrie. «  »

François Villon

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Texte publié sur Poésies 123 : https://www.poesies123.com/poeme-ballade-de-la-belle-heaumiere-aux-filles-de-joie-francois-villon/